The Sam Project

Just another WordPress.com weblog

Transport amoureux numéro 8

laissez un commentaire »

Premières soirées au collège. On appelait déjà plus ça des boums, mais c’était tout comme. On louait des salles municipales, on obtenait la permission de minuit, voire une heure du matin. On amenait de l’alcool, une chaîne hi-fi. Et on dansait sur Nirvana ou les Red Hot Chili Peppers.

En faisant toutes les conneries possibles avec de l’alcool, des cigarettes et la créativité perverse que peu déployer un adolescent en pleine puberté pour compenser un peu son corps qui change, ses érections intempestibles, ses boutons plein la tronche et son appareil dentaire.

Et puis, à un moment de la soirée, il y avait les slows. Alors on invitait des filles à danser, l’estomac un peu noué, mais on tentait de faire bonne figure devant les potes.

Il y avait déjà des serial lovers, mais j’en étais pas. Celle-là, mademoiselle numéro 8, j’étais dans son groupe en techno. Et  je savais déjà par ses copines qu’il y avait moyen. Alors je l’ai invitée. Elle était brune, plutôt mignonne.

On s’est frottés sur Bryan Adams, Scorpions ou un truc dans le genre. J’étais mort de trouille. A un moment donné, j’ai réussi à lui bafouiller dans l’oreille la phrase magique : on va faire un tour dehors ? Elle n’attendait que ça.

Les relations collégiennes obéissent à un rituel bien précis. Une fois dehors, j’ai respecté toutes les étapes, que je connaissais d’instinct, faut croire. Lui prendre la main. Respirer un grand coup et lui demander d’une voix tremblante et quelque peu trop aigüe, si elle voulait “sortir avec moi”. La clé, le graal, la voie vers un monde nouveau.

Elle a dit oui. Alors on s’est embrassés. Et c’était bizarre. Carrément pas désagréable, mais bizarre. On a passé plein de temps à essayer différents trucs avec nos bouches. Jusqu’à ce que ses parents viennent la chercher. Et j’ai fini la nuit en me disant que décidément, c’était pas du tout comme dans les bouquins. Mais bon, c’était bien quand même.

Après, on “sortait ensemble”. Ce qui consistait essentiellement à s’attendre devant le collège matin et soir pour se rouler des grosses pelles. Le reste du temps, on respectait la ségrégation sexo-spatiale de vigueur en quatrième. On retournait dans nos camps respectifs.

Ca a bien dû durer quelque chose comme deux mois. A l’échelle du collège, on était limite un vieux couple. Et puis on est partis en Italie. Et j’ai découvert l’adultère.

Rédigé par thesamproject

28 avril 2008 à 4:31

Publié dans Transports

Laisser un commentaire