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Transports amoureux numéros 5 et 6 et 7
Trois histoires assez semblables, dont j’ai trop peu de souvenirs pour faire autrement que de les coller ensemble. La numéro 5, c”était la fille d’amis de mes parents. Qui venaient l’été. On était trop gamins pour comprendre ce qui se passait, mais il se passait bien quelque chose.
On était potes comme les gamins sont potes. On ne jouait même pas au docteur. Mais avec elle aussi, existait quelque chose d’inexplicable. Etait-elle jolie ? Je crois. En tous cas je la trouvait jolie. Elle était brune, plutôt maigrichonne et on s’entendait super bien.
Quand on me demandait si c’était mon amoureuse, je faisais la grimace, évidemment. Mais au fond, c’était quand même un peu mon amoureuse. Et je devais être l’équivalent. A neuf ans, on ne pousse pas l’introspection aussi loin.
Et puis nos parents ont cessé de se voir. Je me demande ce qu’elle est devenue.
Mademoiselle numéro 6 n’était pas dans ma classe, mais on se voyait souvent, parce que nos parents étaient potes et qu’elle habitait à 500 mètres. Elle était blonde. Chez elle, il y avait une piscine dans laquelle on se baignait l’été. Et un jour, je devais avoir dans les dix ans, alors que je lui montrais fièrement mon ordinateur et qu’il n’y avait pas d’autre chaise, elle s’est assise sur mes genoux. Et c’était la première fois qu’une fille s’asseyait sur mes genoux.
Et ça me faisait tout bizarre, parce qu’entre temps, j’avais commencé à apprendre un tas de trucs sur ce que faisaient les garçons et les filles un peu plus âgés dans un lit. Et que là, j’avais un premier aperçu de la chose.
La septième était une cousine par alliance. Une Parisienne, enfin banlieusarde, mais c’était tout comme pour un petit cul terreux comme moi. Un jour, elle est venue en visite et on s’est retrouvés tous les deux. Et elle m’a tenu tout un discours, comme on peut en tenir à douze ans. Sur le fait qu’on était pas vraiment cousins d’un point de vue génétique et que donc il était tout à fait possible qu’on sorte ensemble sans risquer les foudres de la morale.
Moi, j’ai fait semblant de ne pas comprendre. J’étais un peu trop intimidé. Elle n’a pas insisté.
Et j’ai perdu une occasion. La première.