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Chemises à fleurs et mojitos

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Tu as vu ? On arrive en mai. Les feuilles poussent, la nature reprend ses droits et les blogueurs mettent le nez dehors, raréfiant de ce fait drastiquement la production globale de contenus. C’est saisonnier. Et peut-être pas plus mal.

Par exemple, tel que tu me vois, j’ai reçu, ce week-end. Des geeks, même. Mais des beaux. Des vrais. Des sauvages, pas abîmés par le compromis ni la couplitude.

Des qui ont des cals à la paume à force de tripoter des souris [cesse immédiatement de penser à autre chose, pervers] et des problèmes d’index à force de cliquer comme des fous. Et qui sentent pas très bon, parce qu’avec tout ça, ils oublient souvent de se laver ou de s’alimenter.

Des no-life, on appelle ça. Et des très vieux potes, aussi. Des que j’ai vécu avec, même, du temps d’avant où l’herbe était plus verte et les jeux vidéos moins beaux qu’aujourd’hui.

Vendredi soir, on l’a faite sudiste, à base de pastis et de vieux souvenirs. Samedi, on a crapahuté dans Paris jusqu’à ce que mon entorse se rappelle à moi. Avant d’aller à une soirée barbecue indoor chez des potes qui vont devoir refaire la peinture de leur salon. Avec chemises à fleur, chapeaux de paille et mojitos.

J’ai appris pas mal de choses, à cette soirée. Par exemple, je sais désormais faire des mojitos. Et aussi que le mojito, c’est traitre.

Et puis j’ai aussi eu des nouvelles. Des que j’aurais pas forcément dû écouter, d’ailleurs. Ou alors pas en ce moment. Des regrets rapportés et incertains, trop tardifs pour être des remords, mais qui me remettent en bouche ce goût d’inachevé dont j’avais fini par me débarrasser en croyant être le seul à l’avoir. Ce qui n’était pas le cas, apparemment. Même si ça ne change pas grand-chose au final.

[Et là, tu n'as rien compris à ce que je viens d'écrire. Ce qui n'est pas grave, puisque moi-même je suis pas certain de tout piger]

En attendant, c’est lundi, il pleut, je viens de nettoyer les traces des geeks chez moi et tout ça continue de me laisser assez perplexe.

Jeudi, je pars dans le sud une semaine et ça va me faire du bien. Fin juillet, je pars vraisemblablement bien plus à l’est, et ça va aussi me faire du bien. Et puis il n’est pas exclu que j’apprenne une très bonne nouvelle dans les huit jours, du genre qui me procurerait de quoi m’occuper l’esprit pour quelques mois.

En attendant, je m’interroge. Et te laisse, parce que j’ai du linge à pendre haut et court.

Rédigé par thesamproject

12 mai 2008 à 6:34

Publié dans Quotidiennes

Spring Break

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Hey ! I’m back.

[En fait, ça fait quatre jours, mais bon]

Je t’ai manqué ? En même temps, c’était pour ton bien : depuis une semaine, t’étais mieux dehors que collé devant un écran à t’abîmer les yeux.

Me revoilà dans la place, quelques kilos en moins et quelques gramme de mélanine en plus, vive le Sud. Vive le printemps, aussi. C’est tellement bien, Paris par beau temps, que j’avais oublié. Faut dire que c’est pas comme si c’était tous les jours.

A Paris, au printemps, tu redécouvre que cette ville est peuplée. Très. Trop. Trouver une place en terrasse est aussi difficile qu’un F2 à moins de 700 euros par mois, et les Buttes-Chaumont ressemblent au Grau du Roi un quinze août.

Les même serviettes alignées, trois tous les deux mètres, les mêmes mètres carrés de peaux blafardes exposées, la même odeur de crème solaire, qui vient, couleur locale, flirter avec celle du gazon en pleine période de rut, les mêmes mamans attentives à la protection des fragiles complexions de leurs progénitures, les mêmes progénitures qui jouent et courent et braillent au soleil.

Et, planant au-dessus de tout ça, la même sensation adolescente de temps de plaisir volé au travail, au hasard d’un jour redevenu férié [merci qui, mâme Chabot, je vous le demande ? Merci, président].

Plus, pour ton serviteur, certaines bonnes surprises qui font que le printemps… c’est aussi le Printemps. Aussi appelé, chez certaines peuplades, “saison du sourire niais plein la face de lune”.

La vie est belle, sais-tu ? Je te le souhaite, en tous cas.

Rédigé par thesamproject

12 mai 2008 à 6:26

Publié dans Quotidiennes

Epictètes

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[Mode 2,5 grammes ON]

Rentré bien allumé d’un apéro à rallonge, j’autodaffe à coups de McDo expiatoires 48 heures de régime légumineux.

Demain, je suis journaliste. Demain, je relate  l’interview thaumaturge d’un président qui vole trop bas.

Ce soir, je suis ivre. Juste ivre. Et j’hésite sur les touches à presser, sur les mots à inscrire au fronton tout virtuel d’un ephéméride quelque peu ridicule ces derniers temps.

Mais bon.

Ce soir, je me finis à coups de Cantat, à transer sur “Ecorchés vifs” sans attendre autre chose de l’existence qu’un instant d’éphémère et éthylique plénitude.

Demain j’aurai mal à la tête.

Mais pour l’instant ça n’a aucune importance.

Ce qui importe, ce sont les quelques mètres de bleu gagnés sur le gris. C’est la sortie nécessaire et les échanges oiseux de ce mercredi soir. c’est un petit début de mieux qu’il faut savourer parce qu’il est précieux.

Ce week-end, je reçois des geeks sauvages, non dressés. Ce week-end, je les envoie au front, saboter un enterrement de vie de jeune fille. Histoire de rire. Histoire de perturber quelque peu un plan désespérément déjà dressé.

Mais là, j”ai envie de grimper sur des trucs genre falaises,  comme du temps au temps où c’était le temps où je faisais de l’escalade et où j’aimais ça. Et là, j’ai envie de me barrer marcher tout seul au milieu de rien, pour voir ce que ça fait. Mais j’ai vu Into the Wild avant-hier, et j’ai pas envie de finir à crever de faim dans une caravane au fin fond du Yukon.

Parce que l’enfer, c’est les autres, certes, mais le paradis aussi.

Heureusement, reste la communication, les communications. Restent ces moments où tu dis des trucs à des gens qui te répondent. Où, du coup, tu partages.

Reste le fait que tu peux définitivement pas caler ton propre bien-être sur celui des autres. Mais que tu peux, au prix parfois d’un effort insigne, t’en réjouir.

Et que ça, c’est bon. Et beau. Et bien. Et que Spinoza encule Hegel. A la toute fin.

Au bout du compte.

Reste qu’il te reste à t’aimer toi-même, juste.

Et que si tu y parviens, tout ira mieux. Et que quand tu y parviens, tout va mieux.

Rédigé par thesamproject

24 avril 2008 à 6:34

Publié dans Quotidiennes